Rencontres du Cinéma latino-américain en Gironde

La programmation se propose d’éclairer la colonialité en présence et d’interroger les lignes décoloniales qui déconstruisent les récits naturalisés.


Si la colonialité est partout (W. Mignolo), il n’y a pas d’en dehors. La face cachée de l’universalisme est l’invention par l’occident de la race, de la classe, du sexe ainsi que de la sexualité et du genre (Maria Lugones) qui considère le reste du monde comme sa périphérie. Tout est prêt alors pour la conquête, la mise en esclavage et l’extermination de ces « subalternes » dans une conception du monde basée sur l’extractivisme.

Aujourd’hui, cette colonialité est visible dans les restes funéraires mapuches du Musée du Louvre (Gigantes) ; c’est Yañez, autoproclamée présidente de Bolivie qui entre au palais présidentiel et proclame « la bible au pouvoir » en la brandissant (Fue golpe) ; c’est l’excision des fillettes Embera-Chami de Colombie imposée par les moniales catholiques (Un grito en el silencio) ; ce sont les violences au Mexique (499) ; c’est l’assassinat de Marielle Franco, femme noire lesbienne et de la favela (Elle) ; ce sont les 19 massacres qui, depuis le début de l’année, ont fait 82 morts en Colombie (Matarife) et les 76 bases militaires étasuniennes sur le sous-continent…

Alors, pour construire un monde où chacune et chacun a sa place – le monde des zapatistes qui contient tous les mondes-, pour un construire le monde du Sumak Kawsay, le monde du « bien vivre », il n’y a d’autre chemin que de déconstruire les piliers sur lesquels ont reposé les fondements de l’entreprise coloniale-capitaliste.


En savoir plus : https://www.lesrencontreslatino.org/


Du mercredi 16 au mardi 22 mars 2022.


Gloria Verges, Présidente de "France Amérique Latine Gironde".

Interview réalisée par Frédéric Dussarrat