TnBA, Théâtre du Port de la lune, saison 2015 / 2016

TnBA, Théâtre du Port de la lune, saison 2015 / 2016

"Alors c'est ça une année ! S'étonnait Randall dans Lignes de Faille. Voilà, nous avons vécu ensemble une année"… l'éditorial de Catherine Marnas clôt à la fois sa première saison passée à la direction du TnBA et présente la nouvelle conversation avec le public de la scène bordelaise qui, en 29 spectacles et 182 levers de rideau, va dérouler ses propositions du 7 octobre 2015 au 20 mai 2016.


Basée sur la provocation, la connivence avec le public et l'invitation faite à de multiples collectifs, la saison 15-16 du TnBA s'ouvrira sur Lozenzaccio mis en scène par Catherine Marnas

Si la réussite de l'alchimie grâce à laquelle une programmation fonctionne se juge a posteriori, Catherine Marnas et le TnBA l'ont conçue en grande complicité avec les spectateurs… proposant une saison basée :
>  sur le renouvellement des formes,
>  sur de longues séries, format donnant aux spectacles le temps de mûrir,
>  sur la parole largement donnée à des collectifs et à leur envie de s'emparer du plateau avec appétit (Collectif Os'O - Collectif Crypsum, Compagnie Vous êtes ici - Collectif Denisyak…)

Les jeunes artistes, metteurs en scène, comédiennes et comédiens associés à cette saison ont tous en partage d'être nés ou d'avoir vécu dans un monde de crise et de menace, qu'elle soit nucléaire, alimentaire, économique, médicale… Hypothéquant un futur incertain, ces menaces poussent les artistes à développer la nostalgie d'époques qui furent moins angoissantes.

Cette peur de ne pas savoir de quoi demain sera fait se retrouve elle aussi dans Lorenzaccio, création qui ouvrira la saison avec 13 représentations. Dans la mise en scène de Catherine Marnas, pas de tableaux luxuriant de la Renaissance italienne, pas de décors monumentaux ni d'abondance de personnages, mais un texte plus resserré pour huit comédiens rendant l'intrigue plus nerveuse, rapprochant ainsi Lorenzo de son frère shakespearien, Hamlet.

Parmi les propositions 2015-2016, dont beaucoup ne sont pas encore créées, des textes allant de 1635 à une écriture plateau :
>  "En attendant Godot" dans une mise en scène magistrale de Jean-Pierre Vincent,
>  "La Cerisaie", où les flamands de tg STAN s'emparent pour la 6ème fois d'un texte de Tchékhov,
>  "Le Jeu de l'amour et du hasard" où le retour de Laurent Laffargue vers Marivaux qui fut son premier auteur mis en scène. Réjouissant et cruel,
>  "Mystery Magnets" dont le final à la Pollock une explosion de couleurs, dans une débauche de projection de peinture,
>  "Ne me touchez pas" d'Anne Théron, du théâtre à l'énergie carnassière,
>  "La vida es sueño"… Calderon de la Barca mis en scène par Helena Pimenta, directrice de la Compagnie Nationale de Théâtre Classique d'Espagne, entièrement dédiée au Siècle d'or espagnol.

mais également :
>  l'esprit hispanique et la démesure de Rodrigo Garcia avec "4" sa prochaine création tirant son titre du nombre d'acteurs en scène,
>  des portraits de femmes magnifiques " "Deux soeurs" (Fabio Rubiano Orjuela/Jean-Marie Broucaret), "Le sorelle Macaluso" (Emma Dante), "Soeurs" (Wajdi Mouawad),
>  quelques pingouins blottis dans "L'Arche part à 8 heures" (Ulrich Hub/Betty Heurtebise) et des oies sauvages aperçues dans "S'envoler Conte boréal" (Gilberte Tsaï / Jean-Christophe Bailly),
>  deux spectacles de danse "Opus 64" de Kader Attou et "Nos solitudes" de Julie Mioche présenté au Cuvier CDC d'Aquitaine,
>  la reprise du "Banquet fabulateur", un véritable festin de mots que Catherine Marnas servira désormais tous les ans tant la demande du public est forte.

En savoir plus : http://www.tnba.org


Écoutez Catherine Marnas.

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Interview réalisée par Frédéric DUSSARRAT