Ouverture de la saison de danse par le Ballet de l'Opéra National de Bordeaux avec les grands choregraphes du XXIe siècle

Trois regards chorégraphiques différents pour le premier rendez-vous du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux au Grand-Théâtre : tel est le programme proposé en cette rentrée par Eric Quilleré, directeur du Ballet de l’ONB, et ses danseurs, du 17 au 27 octobre 2019.

Point de départ d’une saison de danse volontairement éclectique, ne comptant que des entrées au répertoire entremêlant grands classiques et chorégraphes les plus en vue du moment.

✔️ Obsidian Tear de McGregor, entre explorations tribales et anticipation
Première entrée au répertoire de la saison pour le Ballet de l’ONB : Obsidian Tear de Wayne McGregor, chorégraphe star du Festival d’Avignon cette année. La nuit — Nyx pour le compositeur et chef d’orchestre Esa Pekka Salonen — divinité archaïque, aussi sombre et froide qu’une roche, l’obsidienne, est la métaphore filée du chorégraphe, telle une déchirure, une larme... La distribution 100% masculine oscille entre explorations tribales et monde futuriste, donnant une chorégraphie saluée par le New-York Times lors de sa création en 2016.

✔️ Ghost de Preljocaj : un hommage a Marius Petipa et au processus de création
La Nuit ? Nous la retrouvons quelque peu dans Ghost, où Angelin Preljocaj souligne la trace que laissent dans notre inconscient collectif les grands maîtres du passé, dont Marius Petipa, venant hanter notre présent à la faveur de la nuit. Pièce créée en 2018 à l’occasion du bicentenaire de la naissance du grand chorégraphe, Angelin Preljocaj se projette dans l’imaginaire de Petipa quand lui vint l’idée du Lac des Cygnes. Rappelons que le Ballet de l’ONB entame cette saison sa deuxième année de partenariat avec le chorégraphe, signé pour 3 ans en septembre 2018.

✔️ Cacti par Ekman, entre humour et chorègraphie engagée
Cacti, du Suédois Alexander Ekman, ferme le bal. Celui qui fit sensation à l’Opéra national de Paris avec Play (décembre 2017) propose ici une pièce qui évoque non sans humour les errements de la danse contemporaine à l'aide d'un symbole singulier : les cactus ! Mais ne vous y trompez pas : l’intention du chorégraphe est loin de n’être que triviale. Ekman met en scène la réponse des artistes à une dichotomie vieille comme le monde, opposant rituels anciens, cultures extérieures et pratiques modernes. L’art remédie à ces oppositions par la collaboration entre diverses pratiques et inspirations, qui « assurera la survie de la vision romantique d’une société jusque là vouée à l’échec. (…) Dans cette oeuvre – la Chapelle Sixtine de l’artiste - l’on est invité dans l’utopie d’une nouvelle décennie ».

En savoir plus : https://www.opera-bordeaux.com


Écoutez Eric Quilleré.

Interview réalisée par Frédéric Dussarrat