La nostalgie du futur

La nostalgie du futur

De son long compagnonnage avec l’œuvre et la pensée de Pier Paolo Pasolini, Catherine Marnas tire, pour ouvrir cette nouvelle saison du TnBA, un vibrant appel à la résistance, écrit avec le philosophe Guillaume Le Blanc.


Comment Pier Paolo Pasolini, cet ennemi de la mollesse, jugerait-il notre monde contemporain, dans lequel l’argent creuse de plus en plus profondément des inégalités révoltantes ? Où en sommes-nous, justement, de notre rapport à la révolte, à la révolution ? Avec la complicité du philosophe Guillaume Le Blanc, auteur de L’insurrection des vies minuscules (2013), Catherine Marnas a eu envie, en ouverture de saison, de faire résonner la parole et la pensée du poète et réalisateur italien, son frère d’armes et son « Jiminy Cricket ».

Une parole, une pensée visionnaires et nécessaires, dont la bienveillance manque en ces temps de cynisme de masse. Une parole, une pensée qui aimaient à se déployer dans la forme de l’interview : les nombreux entretiens que Pasolini accorda tout au long de sa vie forment la trame de ce spectacle qui évolue en funambule entre parabole et documentaire. Sur le plateau, les comédiens répètent des textes de Pasolini, les mettent en jeu, et en question. En parallèle, l’errance de deux demandeurs de refuge – hommage au duo clownesque, mi-Charlot, mi-Godot, du film Uccellaci e uccellini, fable tragi-comique réalisée en 1966 – sert de guide à travers le spectacle.

Un spectacle où la nostalgie – la disparition des formes de vie populaire et des valeurs des « petites gens », laminées par le rouleau compresseur de la société de consommation, le « fascisme de la normalité » – devient une force positive et dynamisante, une manière de secouer notre présent anesthésié par le confort.

En savoir plus : http://www.tnba.org


Du mardi 9 au jeudi 25 octobre 2018,
TnBA, Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine.


Écoutez Catherine Marnas.

Interview réalisée par Frédéric Dussarrat