Rock and Roll suicide

Rock and Roll suicide

C’est l’histoire d’une femme ordinaire, anonyme, qui se jette à corps perdu, pendue au bout du fil d’un amant qui n’en veut plus. Prête à sauter le pas, jusqu’au suicide.


Andrea Sitter, danseuse longiligne, à l’énergie folle, déploie une danse-théâtre poignante, sobre et acérée dans cette pièce créé il y a presque dix ans. Musique, texte et danse s’y percutent dans un choc émotionnel, une tension électrique, saccadée, sobre. Chignon blond impeccable, petite robe bustier, talons hauts, elle lance son corps dans un long chant du cygne inspiré de La voix humaine de Jean Cocteau. A mi-parcours, le texte tombe soudain, en avalanche, dans une litanie à l’issue inéluctable. «Soit déterminée essore tes muscles, poignarde ton estomac, résiste à toute tentation d’abandon, garde la hauteur de ta colonne vertébrale, regarde en face, costume-toi et joue ton rôle de composition, ton dernier rôle.»

Dans la version première de ce Rock’n roll suicide, au titre emprunté à Bowie, la danseuse tournait ce spectacle avec des musiciens de passage, recrutés dans chaque ville, sur le fil d’une improvisation mouvementée. Désormais l’aventure se veut plus fidèle, plus approfondie, avec le multi-talents Monsieur Gadou, Bordelais de l’étape, membre du collectif post-dada Yes Igor, partenaire idéal d’une envolée aussi trash que lyrique. Dans cet entre-deux musique/danse tendu et aiguisé comme un couteau japonais, Andrea Sitter accroche, agrippe, dérape, trépigne dans une belle danse blanche à la mémoire de l’amour mort.

Cie Die Donau / Andrea Sitter    

En savoir plus : https://www.globtheatre.net


Mardi 28 et mercredi 29 novembre 2017,
Glob Théâtre, Bordeaux.


Écoutez Andrea Sitter.

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Interview réalisée par Frédéric DUSSARRAT