Le Festin #103, Désirs d'Orient

Le Festin #103, Désirs d'Orient

Cet automne, Le Festin s'envole aux pays des mille et une nuits avec un numéro spécial Désirs d'Orient. Des villas mauresques de Biarritz aux temples francs-maçons de la Dordogne, en passant par les tableaux d'Eugène Fromentin (conservés au musée des beaux-arts de La Rochelle), l'orientalisme se dévoile sous toutes ses formes (architecture, peinture, littérature). Laissez-vous tenter par les séductions de ce numéro 103.

Un article du Monde publié en mars relève, à la faveur d’une vente aux enchères de toiles de prestige, que le mouvement orientaliste bénéficie de nouveau d’un vent porteur. Et un expert de préciser que ces pièces sont dorénavant recherchées par des amateurs… eux-mêmes venus d’Orient ! « C’est finalement la seule vision artistique qu’ils aient de leur passé, analyse-t-il, même si elle peut être taxée de colonialiste et européenne. À cette époque, il n’y avait pas de peintres dans ces pays. Et après tout, le petit berger dans l’Atlas, c’est assez proche de la vérité, et ce n’est pas une vision insultante ¹. » Voilà qui résume les paradoxes d’un mouvement qui fut autant littéraire qu’artistique, toutes disciplines qui, de nos jours, pâtissent d’une commune suspicion : prêter le flanc au rêve et donner l’image d’un Orient idéalisé. Belle suspicion que celle-ci !

De fantasme à réalité, il reste que nous sont parvenus des tableaux fabuleux (ceux d’Eugène Fromentin conservés au musée des beaux-arts de La Rochelle), des folies d’architecture mauresque ou nippo-sinisante (le manoir de l’abbé Michon en Charente ; les villas Casablanca et Marrakech à Biarritz ; le château Solar à Castelmoron-sur-Lot ; la villa Kosiki à Royan), tandis qu’à l’échelle de la grande région, les villes d’eau furent à l’avant-garde du mouvement – nous proposons sur ce thème une longue séquence introductive. Un pas de côté nous amène du côté des francs-maçons du Périgord pour un reportage inédit au sein des temples de Périgueux, Bergerac ou Ribérac, où le Grand Orient de France n’a rien caché de ses étranges décors rituels.

L’Orient est aussi décrit tout autrement, quand un émir algérien se retrouve captif au château de Pau ou qu’un pacha marocain trouve exil dans un improbable palais Art déco de Dax. À Bordeaux, des bâtisseurs/collectionneurs sont responsables de projets disparus – le musée Bonie, un cabinet de curiosités maintenant disséminées dans les musées de la ville – ou persistants – l’Hôtel Frugès, dont le propriétaire actuel nous livre les clés de compréhension du décorum oriental qui y subsiste, parmi tant d’autres détails Art déco ou Art nouveau.

En savoir plus : http://www.lefestin.net/


Écoutez Jérémie Potée.

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Interview réalisée par Frédéric DUSSARRAT