"Confidentielles", une exposition à Libourne dans le cadre des 20 ans du prix Marcel Duchamp

Tel un (im)précis impertinent d’histoire de l’art, l’exposition provoque des rencontres entre les artistes féminines de la collection du musée et leurs homologues contemporaines présentes dans la collection du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA.



Dans le cadre de la célébration des vingt ans du Prix Marcel Duchamp qui distingue, chaque année, les artistes les plus novateurs de la scène française, le musée des Beaux-Arts de Libourne s’associe à l’ADIAF, l’Association pour la diffusion internationale de l’art Français, et au Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA à l’occasion du programme régional d’expositions "Vivantes !", pour questionner la place et l’audience des femmes dans le monde de l’art. Cette exposition est l’occasion de porter un regard sensible sur le sujet, à travers la mise en résonnance d’œuvres datant du 16e siècle à nos jours.

Les premières se sont distinguées, en leur temps, par l’obtention de bourses et de médailles, les secondes par la lumière qui a été faite sur leur carrière grâce à leur participation au Prix Marcel Duchamp. Si la condition des femmes artistes a évolué, les mêmes questions se posent toujours, à parfois cinq siècles d’intervalle : celles de la reconnaissance, de la représentation et du statut. Ainsi, « Confidentielles » confronte le regard explorateur d’une Henriette Desportes à la démarche photographique d’Yto Barrada, questionne le symbolisme de Marie-Paule Carpentier en regard du cabinet d’analyste de Dominique Gonzalez-Foerster (installation très rarement présentée en raison de ses dimensions et adaptée avec l’artiste pour l’occasion), compare l’atelier de Mathilde Arbey aux éléments du Bureau d’activités implicites de Tatiana Trouvé, ou encore éclaire un tableau de la peintre de la Renaissance italienne Sofonisba Anguissola à la lumière des photographies de Valérie Jouve, etc. Ces duos éphémères, en même temps si éloignés et si proches, permettent de présenter au public des parcours artistiques passionnants, parfois hors normes.

L’exposition, présentée à la chapelle du Carmel, se prolonge par un nouvel accrochage dans les galeries permanentes du musée, sur le thème de la femme comme sujet de représentation : de la figure de la Vierge à celle de la muse, du nu tentateur au portrait sage de l’épouse fidèle, les représentations de la femme – par les hommes – sont autant de clefs pour comprendre la place que ces derniers leur ont octroyée dans la société. Près de 50 œuvres, sorties des réserves du musée ou prêtées par le Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA seront, ainsi, présentées au public de manière inédite.

Comme un passage de relais, cette exposition fut initiée par le précédent directeur du musée, Thierry Saumier, et conçue par Caroline Fillon, qui lui a succédé en mai dernier à la tête de l’établissement. Elle bénéficie également de la complicité de Claire Jacquet, Directrice du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, et de Karen Tanguy, responsable du Pôle Collection et Diffusion du Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA. Ce projet s’inscrit donc, à la fois, dans la continuité de ce qui fit du musée de Libourne, ces dix dernières années, une institution de prestige et d’audace avec des expositions et des partenaires de renom, et il annonce également de nouveaux défis : ouvrir le musée sur la ville, faire connaître et circuler ses collections, développer de nouvelles formes de médiation et de pratiques du lieu-musée.


En savoir plus : https://www.libourne.fr/culturelle/musee-des-beaux-arts


Jusqu'au samedi 9 janvier 2021.


Écoutez Caroline Fillon, Directrice du Musée des Beaux-Arts de Libourne.

Interview réalisée par Frédéric Dussarrat