Jean Rooble : Zone Blanche

Jean Rooble : Zone Blanche

Un regard incisif sur une société qui se veut numérique.


Inspiré par les maîtres du clair-obscur tels que Le Caravage, De La Tour, Zurbarán et Rembrandt, et reprenant parfois les compositions de leurs célèbres chefs d’oeuvres ; Jean Rooble présentera une quinzaine d’oeuvres exclusives reprenant cette technique picturale et illustrera au travers de celles-ci un phénomène actuel universel : la dépendance aux appareils « connectés » et ses effets sur notre quotidien. La technique de peinture venant s’immiscer dans la relation, presque intime, entre l’homme et l’appareil.

Zone Blanche, quel espoir pour demain ?
Le titre de l’exposition n’est pas anodin : Zone Blanche fait en effet référence à ces zones du territoire qui ne sont pas desservies par un réseau de téléphonie mobile ou par Internet. Sorte de no man’s land numérique, créant parfois la panique chez ses utilisateurs.

Dans ses créations, Jean Rooble propose un parallèle entre ces espaces vierges de toute connections et la zone de vide qui se renforce entre un appareil connecté et son utilisateur. Ces écrans nous accompagnent dans tous nos gestes et dans tous les moments de nos vies, ils nous touchent tous, utilisateurs ou non.

Mais quelle relation entretenons nous réellement avec ces appareils, pour les rendre si indispensables, omniprésents, nous rendant absent au monde qui nous entoure. Sommes nous rééllement reliés à la vie ? Vide de tout autre contact direct, puisque tout passe désormais par le biais de ces outils, créant, paradoxalement, une solitude extrême opposée à la promesse d’une inter-connection permanente et universelle…

C’est ainsi que Jean Rooble choisi de représenter ces objets déshumanisés: omniprésents, envahissants, mais parfois aussi absents, laissant la place à l’espoir d’un retour à l’essentiel… Voltaire disait déjà en son temps avec clairevoyance : « La nécessité doit l’emporter sur le superflu. »

Une oeuvre maîtrisée tout en finesse
Jean Rooble peint à main levée, sans l’aide de pochoirs ou de vidéo-projecteur, uniquement à la bombe de peinture à partir de photographies prises dans son atelier. Il utilise désormais ses propres photos comme base. La rencontre et la prise de vue sont autant de moments qui rentrent dans une logique d’entièreté de la démarche. La modèle est alors directement associé à la réalisation.

Sur murs ou sur bois, il peint des portraits hyperréalistes d’une précision sans égal. Autodidacte, il a dû sans cesse se renouveler, expérimentant les couleurs et les contrastes forts jusqu’à trouver la palette de couleurs qui embellira chaque grain de peau.

En savoir plus : https://www.institut-bernard-magrez.com


Du jeudi 14 mars au dimanche 19 mai 2019,
Institut culturel Bernard Magrez, Bordeaux.


Écoutez Jean Rooble.

Interview réalisée par Honorine Renuy et Frédéric Dussarrat