Jane Harris. Jusqu’au bout de l’ellipse, exposition du Musée des beaux arts de Libourne

Jane Harris. Jusqu’au bout de l’ellipse

L’exposition est conçue comme une expérimentation où Jane Harris, artiste anglaise installée depuis quelques années en Dordogne, pourra s’emparer des cimaises de la chapelle du Carmel et expérimenter plus profondément encore la relation complexe de la peinture à l’ornementation et l’interactivité physique et perceptive qui s’établit entre le corps humain et la surface peinte ou dessinée.

 

Du point de vue formel, les peintures de Jane Harris sont d’une simplicité trompeuse. Cinq constantes y sont pourtant systématiquement présentes : le motif de l’ellipse ; le trait de pinceau réalisé à l’huile métallique ; les bordures composées de petites semi-ellipses répétées ; la couleur basée sur l’observation des couleurs qui se rencontrent ; la lumière qui active la surface en créant des effets optiques et qui transforment cette simplicité apparente en une complexité dynamique.

En fonction du placement du spectateur, ce dernier constate que les peintures se trouvent dans un état de constante mutation et provoquent une série de transformations optiques subtiles. Elles échappent à la fixation du regard et génèrent ainsi des incertitudes. Elles se situent donc quelque part entre abstraction géométrique, ornementation et illusion spatiale.

Repoussant sans cesse les limites de ces paramètres essentiels, l’artiste tente d’approcher au plus près les frontières de l’ornementation, sans pour autant tomber dans le « simplement » décoratif et toujours en cherchant à amplifier les possibilités optiques de ses peintures, sans qu’elles ne soient pour autant identifiées à des oeuvres « Op art ». Pour Jane Harris, le dessin fait partie intégrante de sa pratique. Elle le perçoit à la fois comme une technique à part entière mais l’envisage aussi comme un passage obligé avant la mise en peinture. Dans ce processus, la forme dessinée est toujours le point de départ. Le petit dessin schématique est choisi et agrandi sur un papier de la taille de la future peinture, puis transféré par décalque. Toutefois l’artiste produit aussi des dessins qui existent en tant qu’oeuvre, indépendamment de la peinture.

En savoir plus : Le musée des Beaux-Arts de Libourne


Du vendredi 25 octobre 2014 au samedi 31 janvier 2015,
Chapelle du Carmel, Libourne


Écoutez Thierry Saumier.

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Interview réalisée par Frédéric DUSSARRAT