Odette Boyer Chantoiseau, "De la figuration vers l'abstraction"

Odette Boyer Chantoiseau, "De la figuration vers l'abstraction"

La galerie Guyenne Art Gascogne présente un ensemble d’œuvres d’Odette Boyer Chantoiseau, peintures, gouaches et dessins. Née en 1907, Odette Boyer fait partie de cette génération d’artistes, tels Edmond Boissonnet ou Maurice Pargade, qui suivirent à Bordeaux, dans les années 1927 – 1930, les cours de l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux, sous la direction de Maurice Roganeau. Dans la ligne de son entourage familial, Odette Boyer porte haut la notion d’art ; son désir est de se consacrer à la peinture, de passer le concours de la Villa Médicis. Son mariage en 1931 la fixe pourtant à Bordeaux où elle poursuivra désormais sa carrière d’artiste.


En 1928, elle participe à la naissance de la société des Peintres Indépendants bordelais avec lesquels elle expose jusqu’à la dissolution du groupe en 1955, moment de son adhésion à Structures, mis en place par les tenants de l’art abstrait. D’Espagne, à la fin des années 1920, elle ramène ses premières pochades au dessin rapide et aux couleurs intenses dont elle garde la marque expressive dans ses paysages, nus, portraits et scènes religieuses. Pourtant, au tournant des années 1930, ses vues du Bassin d’Arcachon, d’une légèreté de tons nouvelle, la rapprochent de la poétique de Marquet.

Les années d’après la Seconde Guerre mondiale voient apparaître, et jusqu’à Bordeaux, la dispute entre les tenants de l’abstraction et ceux d’une figuration expressive. Sans prendre parti, Odette Boyer structure alors ports et natures mortes d’un facettage de plans inclinés, dans la droite ligne du cubisme cézannien. Boissonnet et Pargade sont à ses côtés et Lhote n’est pas loin.

En 1950, la rencontre de Roger Bissière va durablement marquer sa vie. Conduite à Boissiérette par son ami, le peintre Marcel Bach, Odette Boyer est d’emblée éblouie par le personnage et son œuvre, indissociables.
Bouleversée par la modestie de l’homme, incarnation même de l’humilité à laquelle elle-même aspire, « le cœur battant », Odette Boyer n’en poursuit pas moins son propre chemin, entre figuration et abstraction, dans un doute que le prix régional de la Jeune Peinture en 1951 ne vient pas apaiser. Elle écoute ses amis, montre ses travaux à Bissière, Manessier, Jean-Maurice Gay, le grand abstrait bordelais, à Boissonnet aussi, qui, en 1956, est catégorique devant ses Filets rouges, « seule toile valable depuis le début jusqu’à ce jour. »

Grâce à un travail acharné d’études à l’encre, au dépouillement progressif des formes, à la sauvegarde de la ligne devenue pur rythme, elle fait sien le parcours intérieur de Bissière jusqu’à hisser sa communion avec la nature à un niveau quasi mystique.

Odette Boyer se sent désormais chez elle, et les années 1955 – 1965 sont des années d’une grande ferveur créatrice, un hymne à la nature dans l’envolée colorée des touches, au grès des saisons et de son émotion, rejoignant dans sa trajectoire les grands abstraits élèves de Bissière, sa « vraie nature » écrit-elle en 1954, Bazaine, Manessier, Le Moal et à Bordeaux Victoire-Elisabeth Calcagni.

Après le décès de son époux, en 1965, dans le silence et le dépouillement d’une retraite religieuse désirée, Odette Boyer élèvera son œuvre au chant religieux, dans les vitraux et les œuvres sacrées en cuivre et étain qu’elle réalise.

En savoir plus : http://galeriegag.fr/


Du samedi 4 novembre au samedi 30 décembre 2017,
Galerie Guyenne Art Gasgogne, Bordeaux.


Écoutez Françoise Garcia.

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Prise de son réalisée par Frédéric DUSSARRAT