Trois expositions au Musée de la Création Franche à Bègles

Trois expositions au Musée de la Création Franche à Bègles

Le Musée de la Création Franche présente trois nouvelles expositions à compter du 2 décembre 2016.



> Cédric Laplace, Exposition personnelle
2 décembre 2016 au 22 janvier 2017
Cédric Laplace est né en 1977 à Lyon d’un père banquier et d’une mère publiciste. Son enfance, matériellement stable, est néanmoins marquée par des accès d’angoisse et des crises d’insomnie. Après le lycée, il suit une classe préparatoire à Normales Sup. Durant ces années d’étude, il s’adonne à différentes substances illicites. En 1998, il est diagnostiqué schizophrène. Un an plus tard, il suit une cure de désintoxication mais continue à absorber des barbituriques. C’est dans ces périodes de manque qu’il commence à créer. Puis en 2005, il est admis dans une clinique comportementaliste pour un séjour au terme duquel sa maladie est stabilisée.
Ses dessins au stylo encre sur papier évoquent des univers vibratoires. Ils sont de deux types selon les propos de Cédric Laplace : « l’univers des carrés qui reflète le mental apollinien et celui des traits qui évoque le viscéral dionysiaque ».

> CO2 mon désamour, Le LAB de la Création franche
2 décembre 2016 au 22 janvier 2017
« Le polueur » de Gildas Baudry Ce nouveau LAB du Musée de la Création franche a toujours pour ambition de montrer en quoi et comment l’art brut et ses apparentés entrent en résonance avec notre époque sur des sujets d’actualité. Le Musée s’intéresse à la COP 21, un an après, avec les oeuvres de son fonds de collection. Le propos de l’exposition thématique "CO2, mon désamour" est sous-tendu par les questions environnementales liées à l'aménagement du territoire et à ses effets induits en termes de mobilités, d’habitat, d’énergie, de milieux naturels... A leur manière, les créateurs de la collection permanente du Musée évoquent ces mutations et le passage d’une ébriété à une sobriété énergétique. Les créations sélectionnées illustrent comment la cinquantaine d’auteurs présentés se font les témoins, consciemment ou non, des bouleversements d’une époque.

> Féminin pluriel, Exposition thématique de la collection permanente
2 décembre 2016 au 11 juin 2017
Cette présentation du fonds de collection Création Franche met la femme à l’honneur.

Ce choix procède d’un constat, sans appel : les créatrices représentent 33 % des auteurs du fonds de collection, alors que la représentation moyenne des femmes dans les collections publiques d’art contemporain n’excède pas 15%.

Comment expliquer cette « surreprésentation » des femmes dans la collection Création Franche, manifestement commune aux autres collections d’art brut et apparentés ? des raisons sociologiques bien sûr, historiques, politiques, psychologiques etc. Cette présentation fait la lumière sur ces femmes, sur leurs créations mais aussi sur la représentation qu’en font les hommes dans la collection Création Franche. Elle trace plusieurs angles d’approche :
La première salle ne comprend que des oeuvres de créatrices, productions extrêmement contrastées mais toutes centrées sur la représentation de la figure féminine. Des figures historiques de l’art brut, aux parcours souvent douloureux, y côtoient de jeunes créatrices : les pionnières telles que Magde Gill, Martha Grünewaldt…, les jeunes générations de créatrices telle que Marie Hénocq… La création à laquelle elles s’adonnent dans la sphère intime est souvent une échappatoire à leur condition.

Deuxième temps de cette présentation, le discours féministe, la création comme support à la révolte, à la revendication, est évidemment propre à grand nombre de productions d’auteures de la Création Franche. La représentation
de la sexualité féminine, l’érotisme mis en oeuvres par les femmes semblent liés au discours féministe. Les corps nus épurés d’Evelyne Postic ou ceux entièrement recouverts de motifs tels des tatouages de Magali Lefrançois évoquent une féminité gracieuse. Les dessins d’Ody Saban, créatrice impliquée dans des mouvements féministes, évoquent la sexualité et l’érotisme féminins.
Une troisième salle montre différentes représentations de la femme par les hommes. Tantôt drôles, tantôt graves, parfois sexistes ou sexuées, c’est là aussi la variété qui est saisissante. Le regard de l’artiste masculin met en lumière la femme incarnant la muse, la compagne de l’homme, la mère. Mais certains créateurs insistent, parfois sans nuance, sur la féminité séductrice ou sur les perspectives amoureuses et sexuelles que pourraient offrir leur personnage.

En savoir plus : http://www.musee-creationfranche.com/


Écoutez Pauline Maury.

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Interview réalisée par Frédéric DUSSARRAT