Musée des Beaux-Arts de Bordeaux : Réouverture des salles flamandes et nouveaux accrochages des collections XXe

Le musée est un lieu vivant où les œuvres sont en perpétuel mouvement. Ces accrochages renouvelés incitent à décloisonner le regard et nos perceptions par la création de nouveaux dialogues et de perspectives inédites.



▶️ COUP DE PROJECTEUR SUR LES COLLECTIONS FLAMANDES

Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux invite le public à redécouvrir dans l’aile sud sa collection exceptionnelle d’œuvres flamandes : Pierre-Paul Rubens, Pieter Claesz Soutman, Jan van den Hoecke, Gerard Seghers et de Karel Philips Spierincks, récent don de la Société des Amis du musée des Beaux-Arts ! L’ensemble est sublimé par la nouvelle peinture jaune de la salle qui leur est consacrée. L’accrochage, incluant scènes mythologiques, religieuses ou encore animalières, a été repensé, afin de présenter l’extraordinaire foisonnement de l’école du Nord du XVIIe siècle, riche de ses échanges avec les artistes de l’Europe septentrionale et méridionale. Comme en atteste la suite du parcours du musée, ces chefs-d’œuvre du siècle de Rubens marquèrent durablement la création artistique.

▶️ CONJURER LE RÉEL ? ARTISTES DU XXE SIÈCLE ENTRE FIGURATION ET ABSTRACTION


Le traumatisme causé par les deux guerres mondiales intensifie les réflexions autour de la figuration initiées dès le début du XXe siècle. Pascal-Désir Maisonneuve, créateur inclassable, assemble des objets chinés pour élaborer une galerie de personnages pleine de dérision. Les artistes remettent en question leur rapport au réel. Certains, comme Auguste Herbin, Jean-Maurice Gay ou le Britannique Victor Pasmore se tournent du côté de l’abstraction géométrique. D’autres gardent un lien, même distant, avec la figure, de Roger Bissière à Olivier Debré. Chez François Dilasser, la figure est géométrique, et recompose les chefs-d'œuvre de l’histoire de l’art dans un étrange assemblage de triangles. Ces collections XXe, qui n’avaient plus été montrées depuis deux ans, seront visibles par le public à partir du 21 octobre.

▶️ LES NOUVELLES ŒUVRES DU PARCOURS

"Le Fumeur de pipe" de Dirck Van Baburen du musée Marmottan-Monet vient rejoindre les chefs-d’œuvre caravagesques pour quelques mois, et dialoguer avec "Le Joueur de luth" d’Hendrick Ter Brugghen dans le cadre d’un prêt compensatoire. Ce tableau, sublimant le quotidien des modèles de rue, étonne par sa saisissante modernité.

La section symboliste, autour d'Odilon Redon, accueille deux nouveaux dépôts : un paysage de Charles Lacoste issu des collections du musée d’Orsay. Intitulé La Gironde vers l’Océan, il vous transporte dans un univers onirique, tandis que Le Pont-Neuf la nuit, déposé par le Musée National d’Art moderne, vous fait découvrir un inédit "Paris nocturne" d’Albert Marquet. Paris, la Seine et ses ponts constituent pour Albert Marquet les motifs d’infinies variations. Le peintre les immortalise dans des séries puissantes, tantôt sous la neige, tantôt dans la brume, mais plus rarement sous un éclairage nocturne comme ici.

Le musée accueille enfin, dans l’aile nord, la récente acquisition "Bacchante au thyrse", accompagnée d’un "Amour" (1892) de Jean-Léon Gérôme. Le monde de Bacchus est omniprésent dans l’œuvre de Gérôme, tout comme au musée des Beaux-Arts qui conserve un tableau du maître, "Bacchus et l’Amour ivres", inspiré par la longue tradition dionysiaque, et présenté juste à côté. Dans cette sculpture Bacchante au thyrse, Gérôme s’appuie sur la tradition mythologique gréco-romaine et le répertoire de l’allégorie. Elle s’inscrit dans le parcours des collections XIXe siècle du musée, aux côtés de la "Bacchante" de William Bouguereau (1862) et de la "Rieuse" (ou "Bacchante aux roses"), sculptée vers 1870-1875 par Jean-Baptiste Carpeaux.


En savoir plus : http://www.musba-bordeaux.fr/


Écoutez Alexandra Woolley-Francioli de Monner, responsable des collections XVe-XVIIIe siècles sur la réouverture des salles flamandes.

Interview réalisée par Frédéric Dussarrat


Mise à jour : Jeudi 29 10 2020 I À la suite des annonces du Président de la République le 28 octobre pour lutter contre la pandémie de la Covid-19, le Musée des Beaux-Arts de Bordeaux ne sera pas en mesure d'accueillir du public à partir de vendredi 30 octobre 2020.